Conseil municipal du 24 janvier 2014 – Intervention de Guilhem Serieys

Conseil municipal du 24 janvier 2014 – Intervention de Guilhem Serieys

Ce débat d’orientation budgétaire a le mérite de faire la lumière sur l’injustice des décisions gouvernementales appliquées à nos concitoyens mais aussi aux collectivités territoriales et à la ville de Rodez.

Pour cette année, le gouvernement a coupé 1, 5 milliards dans les dotations aux collectivités, parmi les 15 milliards de réduction de la dépense publique.

Cette politique libérale d’austérité accélérée et assumée récemment par le chef de l’état, reniant ses engagements électoraux avec son « pacte de responsabilité », louangée en cœur par les parlementaires de droite est injuste et inefficace.

Injuste car si des efforts peuvent être demandés pour redresser les comptes, encore faudrait-il que ceux-ci soient équitablement répartis. Or, qui le gouvernement frappe-t-il? Les collectivités qui portent pourtant 80% des investissements publics du pays, qui jouent pourtant un rôle social important à destination des populations. Pour Rodez, ce pourrait être 500 000 de recettes en moins pour la ville et 1 millions en moins pour l’agglo. Il frappe ensuite directement les ménages et surtout les plus modestes d’entre eux avec l’augmentation de la TVA. Cette hausse représente un cout de 400 euros annuel pour un couple avec 2 enfants.

Injuste puisque quand les plus faibles sont brutalisés par cette politique, les plus riches et les grandes entreprises sont cajolés avec 15 milliards distribués sans contrepartie et maintenant l’annonce de 30 milliards de diminution de cotisations sociales.

La première question qui est posée au Conseil municipal est celle-ci : Alors que les besoins d’intervention publique, de solidarité sont de plus en plus grand, y compris à Rodez, avec 2300 ménages qui vivent sous le seuil de pauvreté et bien d’autres qui vivent la peur au ventre ; se soumet-on avec zèle aux discours qui nous proposent de diminuer fortement nos dépenses de fonctionnement, c’est à dire de service public ? Ce n’est pas envisageable sauf à accepter à l’arrivée, moins d’aide aux ruthénois, moins de services publics, moins d’aide aux associations, moins d’animation et de culture, des économies sur le personnel municipal, plus de contraintes sur celui-ci.

Alors, il faut d’abord refuser de consentir et de se soumettre à cette idée de réduction à tout va des dépenses publiques et municipales.

Et au contraire, ayons le courage de faire des choix budgétaires nouveaux renforçant le service public, permettant de déployer des mesures nouvelles en particulier pour rendre Rodez moins chère, des mesures bonne pour le porte-monnaie des ruthénois, pour le lien social dans les quartiers. Avec la crise, la priorité doit être à une ville qui agit, qui protège et qui partage.

Nous avons des marges de manœuvres à mobiliser. Les comptes ne sont pas dans le rouge au contraire.

J’ai vu que Mr Censi jouait des numéros indignes et mensongers en inventant des sortes de réalités parallèles à la fois sur la question de l’université mais aussi concernant les comptes de la Mairie. Il cherche à faire peur aux ruthénois sur la gestion budgétaire, c’est indigne de la part d’un député qui a soutenu des gouvernements de 2002 à 2012 qui ont passé la dette du pays de 1000 à 1800 milliards d’euros en multipliant les cadeaux fiscaux pour les plus riches.

Les chiffres sont têtus. La dette par habitant de la Mairie de Rodez, c’est 791euros/hab quand les villes comparables ont une dette en moyenne de 1240 euros/hab.

Si l’ensemble de l’épargne brute était utilisée pour rembourser la dette, il faudrait seulement 3 ans pour rembourser celle-ci alors que la cours des comptes évalue des risques quand cette durée dépasse les 12 ans.

Alors, la situation économique et sociale nécessite le débat, l’engagement citoyen et  l’arbitrage démocratique au mois de mars. Mais cela dans un cadre digne. Les gens sont très remontés contre le politique en général mais ils ne sont pas bêtes et il est inutile de chercher à les affoler par des manœuvres grossières. On peut parler de l’humain, de vivre ensemble, d’écologie, de bonheur, de démocratie  et pas uniquement de chiffres surtout quand ils sont trafiqués pour faire peur.

Be Sociable, Share!

Militant au Parti de Gauche

Parti de gauche