Conseil municipal de Rodez du 7 février 2014 – vote du budget Intervention de Guilhem Serieys

Conseil municipal de Rodez du 7 février 2014 – vote du budget

Intervention de Guilhem Serieys

 

« J’avais alerté lors du débat d’orientation budgétaire sur l’impact négatif de l’austérité sur les finances communales et exprimé mes craintes sur les conséquences à venir sur le niveau des services publics rendus localement.

 Ce budget 2014 que vous nous présentez enregistre donc une diminution de la DGF de 6% et une baisse des concours de l’Etat de 500 000 euros, à ajouter au million d’euros retiré au Grand-Rodez.

 Il s’agit donc d’un budget fortement contraint mais aussi d’un budget de résignation.

De résignation car il se soumet à cette idée de restriction à tout va des dépenses publiques et municipales.

Pourtant les besoins d’intervention publique, de solidarité, sont de plus en plus grand, y compris à Rodez, avec des quartiers qu’il faut revitaliser, avec 2300 ménages qui vivent sous le seuil de pauvreté et bien d’autres qui vivent la peur au ventre.

 L’urgence serait à la mobilisation des moyens nouveaux pour la solidarité. Nous avons des marges de manœuvres à mobiliser. Les comptes ne sont pas dans le rouge. Alors bien sur, il faut être raisonnable et ne pas baisser de 10% le taux de la Taxe d’habitation. Il ne faut pas non plus prêter trop de crédit à Mr Censi qui répète comme un perroquet entêté que la dette a explosée. Les chiffres sont têtus : elle est exactement du même montant qu’en 2008 : 22,9 millions.

 Donc, je ne partage pas l’idée que l’urgence soit au remboursement anticipé de la dette de la ville. Aussi, j’ai du mal comprendre cette inscription de 2,5 millions de remboursement d’emprunts au-delà de l’annuité prévue. Cette somme pourrait être utilisée de bien des manières pour améliorer le quotidien des ruthénois.

 En se soumettant à cette logique de diminution permanente des dépenses municipales, je le dis clairement : « Nous mettons en danger les acteurs publics et associatifs locaux et leurs missions de service public ».

 Je n’approuve pas ce budget parce que je défends Rodez et les Ruthénois et que je refuse d’acquiescer à la baisse des dotations de l’Etat et je ne partage pas cette décision de  remboursement anticipé de 2,5 millions aux banques alors qu’il y’a d’autres urgences en particulier les besoins sociaux grandissants. Enfin, mon vote exprime une idée simple qui devrait être partagée par tous les citoyens soucieux d’intérêt général : il est temps de stopper les efforts démesurés de réduction des dépenses de fonctionnement pour préserver la qualité du service public local.

 Aussi, je voterais contre ce budget. »

En réponse, le Maire PS de Rodez affirmera :

« J’assume la baisse des dépenses de fonctionnement de la Mairie et la baisse des effectifs municipaux. J’ai supprimé 60 équivalents temps plein sur le mandat par des départs à la retraites non remplacés.

Concernant la baisse de la DGF (dotation de l’Etat), je comprends les contraintes de l’Etat. Le pays a 1800 milliards de dette et sauf à vouloir couler le pays, on doit participer à l’effort national. J’assume donc les contraintes que fait peser le gouvernement sur les collectivités. »

 

A la suite du Maire, Jean-Louis Chauzy, personnalité connue localement pour avoir été tête de liste d’une liste de droite en 2008, candidat cette fois-ci sur la liste PS, dénoncera la « bêtise » des propos tenus contre l’austérité et se félicita du choix de l’obligation de rigueur dans le budget de la commune. Comme à son habitude, il développe son raisonnement idéologique libéral  comme frappé d’une vérité révélée.

 

Quand Guilhem Serieys essayera de répondre à Jean-Louis Chauzy, le Maire estima le temps du débat écoulé et fit procéder au vote.

 

A Rodez, la reconfiguration politique est assumée, c’est une partie de la droite qui défend le budget du Maire PS. Aux municipales, la liste de gauche, ce sera la liste « L’Humain d’abord ».

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Militant au Parti de Gauche

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