Rodez. « Le Front de gauche fait bouger les lignes »

Article de la Dépêche du Midi du 17 avril 2012

Entretien avec Guilhem Serieys, responsable du Front de gauche en Aveyron et candidat sous cette étiquette aux législatives pour la première circonscription.

Le Front de gauche ne divise-t-il pas dangereusement la gauche en quête d’unité ?

La campagne du Front de gauche permet une adhésion très large à un projet politique fondé sur le partage des richesses. La campagne de Mélenchon a fait passer le total de la gauche au premier tour à 45 % contre 36 % en 2007. Le vote Front de gauche devient à la fois le vote le plus efficace pour battre Sarkozy, et le vote le plus utile pour mieux vivre et sortir de la crise.

Après ces élections, serez-vous un aiguillon à gauche ?

On n’en est qu’au premier tour. Notre campagne et notre projet font bouger les lignes. Hollande et Sarkozy font les courses dans notre programme. Pour le second tour Hollande a déclaré que son programme était à prendre ou à laisser : ce n’est pas la meilleure façon de proposer un rassemblement ! Le Front de gauche se positionne à la fois en tant qu’aile marchante de la gauche pour battre Sarkozy et en même temps en recours à gauche car notre programme est en réalité le seul qui propose un chemin pour sortir de la crise, refuser l’austérité, relancer emploi et pouvoir d’achat.

Participeriez-vous à un gouvernement de gauche ?

Il n’est pas possible de participer à un gouvernement sur la base du projet de Hollande qui prévoit un retour à l’équilibre budgétaire et des économies de 100 milliards d’euros d’ici à 2016, qui accepte l’Europe du traité de Lisbonne ou qui refuse de s’engager sur les salaires. On n’a jamais vu la gauche arriver au pouvoir en ne prenant pas de mesures sociales fortes.

Si un gouvernement de gauche met en place un énième plan d’austérité, le Front de gauche sera donc du côté de la rue ?

La force du Front de gauche est une conscience organisée qui ne disparaîtra pas au lendemain de l’élection. Mieux vaut pour la gauche s’appuyer sur cette implication populaire.

Quel est votre objectif pour ce premier tour ?

L’objectif n° 1 est d’être devant Le Pen pour lui mettre la tête sous l’eau et libérer la démocratie de ce poison qui empêche un débat serein. Quelle aberration de voir que depuis que Mélenchon est devant Le Pen dans les sondages, les  »installés » sortent l’artillerie lourde contre lui. Tenter de disqualifier Mélenchon par des railleries risque de se retourner contre leurs auteurs, car en insultant Mélenchon de la sorte, on insulte le peuple.

Dans le cadre d’un second tour Hollande/Sarkozy, vous soutiendrez malgré tout Hollande ?

On appellera à battre la droite.

Comment comptez-vous avoir des députés sans accord avec le PS ?

Le Front de gauche discute depuis quatre mois avec le PS. Il ne s’agit en aucun cas d’un accord programmatique : c’est impossible tant est grand le fossé. Nous avons commencé à discuter des 90 circonscriptions où plusieurs candidatures à gauche au premier tour risqueraient d’éliminer la gauche. Jusqu’à présent le PS a refusé de travailler avec nous sur ces bases-là.

Parlons des législatives. Comment analysez-vous la situation sur la première circonscription de l’Aveyron ?

La droite de Censi a abandonné le territoire rural. La situation à gauche est confuse. La division n’est pas de mon fait. Il est, en revanche, étonnant de voir trois candidatures liées à un même accord programmatique. Je me prépare à être en situation d’incarner la gauche stable, qui sait où elle va dans la clarté pour battre Censi.

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Militant au Parti de Gauche

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