« Donner aux étudiants l’occasion de s’impliquer dans la vie sociale »

Article paru dans Le Ruthénois du 22 octobre 2010, où Guilhem Serieys est interrogé en tant que président du syndicat mixte de l’enseignement supérieur.

Quels sont les atouts du Grand Rodez pour attirer les étudiants ?

Le premier d’entre eux est la taille humaine de la ville et de ses établissements d’enseignement supérieurs. Elle permet un suivi pédagogique et social plus important que dans les grands centres universitaires. Le taux de réussite supérieur à la moyenne nationale attire également les étudiants. Enfin, la présence d’un pôle universitaire à Rodez participe à la démocratisation de l’enseignement supérieur dans l’Aveyron. Nous avons ici un taux de boursiers supérieur à la moyenne nationale. Beaucoup de ces étudiants ne feraient pas d’études s’ils devaient aller à Toulouse ou à Montpellier.

Mais après bac plus 3, Rodez ne propose plus de formation. Créer des Masters ne serait-il pas souhaitable ?

À Rodez, l’offre d’enseignement supérieur est éclatée et diverse. Nous souffrons d’un manque de coordination entre les différentes structures. Mettre en place de l’enseignement au-delà de bac plus 3 serait souhaitable, ne serait-ce qu’en terme d’image. Nous poussons dans ce sens là. Nous souhaitons créer des masters en lien avec les atouts économiques du territoire que sont l’agro-alimentaire, l’informatique ou la mécanique par exemple. La CCI propose d’ailleurs d’ores et déjà un diplôme d’informatique à bac + 5. Nous devons aussi avoir une posture défensive pour conserver à Rodez l’ancien IUFM que certains aimeraient voir ramener à Toulouse.

Beaucoup d’universitaires toulousains ne comprennent pas que l’excellence qui est recherchée peut être compatible avec une politique de sites excentrés et d’aménagement du territoire. Le gouvernement lui-même cherche à recentrer les universités sur les métropoles.

Cet été, les rapports entre l’Agglo et le Conseil général au sein du syndicat mixte de l’enseignement supérieur étaient très tendus. La situation s’est-elle améliorée ?

Le dossier de l’enseignement supérieur ne permet pas d’en faire un objet de polémique de bas étages et nécessite l’unité. Tout le monde le comprend. Mais il y a le problème des cycles électoraux. Il est naturel que l’échéance des cantonales trotte dans la tête du président du Conseil général et de ses opposants. Mais il faut alors laisser l’enseignement supérieur de côté.

Au dire de certains étudiants, l’animation de la ville repose davantage sur les patrons de bar que sur les pouvoirs publics. Rodez et l’Agglo ne pourraient-ils pas faire un effort sur ce point ?

Comme dans toutes les villes étudiantes, les étudiants fréquentes les bars le jeudi soir. Ce n’est pas à la ville d’organiser ça. Mais par l’action publique, on peut donner aux étudiants l’occasion de s’impliquer dans la vie sociale de Rodez et de porter des projets d’animations ou des projets citoyens. C’est le cas par exemple pour la semaine des étudiants que l’Agglo finance et accompagne. Il nous faut également arriver à faire comprendre à certains étudiants et à certains établissements qu’il y a d’autres moyens de s’amuser que d’habiller les première année avec des sacs poubelles.

Recueillis par B.L.

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Militant au Parti de Gauche

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